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Des bulles de douceur à l’APEI des 2 Vallées

By | APEI des 2 Vallées

Mercredi 6 octobre 2021, le Pôle enfance (IME, Accueil de Jour) et le Pôle Autonomie (Maison d’Accueil Spécialisée) situés sur les sites de Coyolles ont accueilli 3 musiciens de l’Ensemble Contraste.  Les concerts d’une quarantaine de minutes ont proposé un répertoire jazz, gospel, et classique aux résidents visiblement conquis.

Il est 10h00 du matin quand les premières notes de musique raisonnent dans la salle des loisirs de l’institut Médico-Educatif (IME) de l’APEI des 2 Vallées à Coyolles dans l’Aisne. Quatre jeunes sont assis face aux musiciens, Johan Farjot au clavier, Arnaud Thorette à l’alto, et Inés Matady, à la voix. A l’extérieur, les sapins ondulent avec le vent, semblant se plier aux rythmes calmes de la musique. A l’intérieur, les yeux des jeunes spectateurs sont rivés sur les artistes. Surtout ceux d’Enzo, assis au premier rang. « Enzo a pleuré la première fois qu’il a écouté le groupe, se remémore Monsieur Aimé, chef de service de l’IME. Il nous a confié qu’il avait beaucoup aimé et que ça lui avait procuré des émotions ». A la fin du concert, le garçon ne se fait pas attendre pour exprimer de nouveau son admiration : « C’était très bien », s’exclame-t-il pendant que les autres enfants applaudissent. « C’est quand qu’on refera ? » demande-t-il avant de poursuivre : « Mais y’a-jamais de monsieur à la batterie avec vous ? ça manque un peu de basse, moi j’aime bien quand ça pète les enceintes ! »

Juste le temps de boire un café, et un deuxième groupe de jeunes prend place dans la salle. Ils sont une vingtaine cette fois. On déplace les tables et on installe les chaises pour que tout le monde puisse s’asseoir. Les artistes retrouvent leur place sur la petite scène improvisée à côté de l’enceinte. Le concert peut démarrer. Là encore la magie opère. Les jeunes sont captivés. Quelques doigts se mettent à claquer au rythme de la musique. Les épaules se balancent et des sourires apparaissent sur les visages. Romain, assis à côté de son éducatrice, ne contient pas sa joie : « C’est chouette la musique ». Il rit. « Romain aime beaucoup la musique, explique son éducatrice à la fin du concert, il est très années 80. Le mercredi, pendant le temps de loisirs, on met de la musique et on danse. Manon, qui était tout devant, adore Bach par exemple, poursuit-elle. Elle m’a emprunté un CD du compositeur : ça la calme ».

Calmer les esprits par la musique

L’ensemble Contraste est un habitué des concerts « tout-terrain ». « Nous proposons des choses assez douces pour les apaiser, pour venir casser le rythme de leur quotidien », explique Johan Farjot. « Cela nous change des concerts où il faut que ça envoie : là, il faut rester doux », partage Inés Matady, la chanteuse qui a rejoint l’ensemble il y a quelques mois. « C’est une autre manière d’appréhender le public, poursuit-elle, avec les enfants, il faut les apprivoiser. Je me suis retrouvée par exemple à chanter la reine des neiges alors que ce n’est pas du tout mon répertoire ! » Pas de Reine des neiges ce jour-là, mais une reprise de L’amour brille sous les étoiles.

La journée se poursuit ensuite à quelques centaines de mètres de là, au sein de la MAS, où onze résidents attendent les musiciens qui s’installent dans la véranda. « Ils adorent la musique, confie Amandine Kadri, aide-soignante, il y en a beaucoup qui chantonnent. C’est le troisième concert depuis cet été, et le deuxième de l’ensemble contraste, mais quand on voit que ça matche, et que ça leur a plu, on n’hésite pas à refaire ». Dans la salle, les yeux se ferment, les corps se balancent, les visages s’apaisent. « Bravo » entend-on. Chacun semble trouver son moment de paix. L’alchimie a opéré.

Rendez-vous dans la cachottière pour … chut ! C’est un secret

By | EPSM des Flandres

EPSM des Flandres – Protéo

Jeudi 16 septembre 2021, la compagnie de théâtre Protéo a déposé sa mystérieuse cachottière dans les jardins de l’EPSM. Le spectacle, écrit et mis en scène par Louise Wailly, est interprété par Camille Dupond et Myriam Mairey, dans les rôles respectifs d’Aloysius et Blueberry.

Le rituel est presque toujours le même : Aloysius, énigmatique, est reclue dans la cachottière. Qui est-elle ? Que fait-elle ? que délivre-t-elle de si singulier aux personnes qui passent cinq minutes avec elle ? Personne ne le sait. A l’extérieur, sa secrétaire, Blueberry , invite les passants, patients ou personnels soignants à rentrer.

Certains ont pris rendez-vous. D’autres passaient par-là par hasard et avaient été émis par la mystérieuse cabane en bois posée dans le jardin. La cachottière ne laisse pas le visiteur indifférent. Ornée d’étranges inscriptions noires peintes sur fond blanc, impossible de dire si cette capsule nous vient du passé, du présent ou directement du futur. Soudain, Blueberry , parée de sa tenue blanche et noire futuriste, et de sa crête sur la tête avance vers un patient. Elle l’accompagne pour faire le tour de la cachottière, puis ouvre la porte grinçante et l’invite à rentrer « Attention à ne pas vous perdre » dit-elle en refermant doucement la porte. Et oui, les espaces ne sont pas toujours aussi petits qu’ils y paraissent. Le patient ressort après cinq minutes, visiblement content, le sourire aux lèvres.

Les rendez-vous s’enchaînent, et impossible de savoir ce qu’il s’y passe. Et pourtant, toujours le même sourire à la sortie. On entend bien une voix, il semblerait qu’on raconte au visiteur une histoire, mais laquelle ? « C’est secret, on ne peut pas le dire, c’est un moment rien que pour le visiteur », répond mystérieusement Blueberry, incarnée par Myriam Mairey, comédienne. « Je souhaite ce spectacle comme un cadeau. Je souhaite offrir un espace où l’art est salvateur, où il permet de se regarder et de regarder l’autre sans avoir peur et en s’amusant », explique Louise Wailly, metteuse en scène et créatrice de la cachottière.

Une cachottière créée à l’EPSM des Flandres

« Les artistes sont venus en juin à l’EPSM des Flandres à Bailleul afin de créer la cachottière, explique Pierre Vandevoorde, chargé de communication de l’EPSM, on a donc vu l’apparition de cette boîte et sa conception ». Modeste Richard y a peint les peintures d’inspiration tribales sur les murs. « C’est toujours intéressant de donner accès à ce genre de dispositifs à nos patients et au personnel, poursuivre Pierre Vandevoorde, c’est un moment privilégié pour eux, une tête à tête avec l’artiste qui instaure un lien très fort ». Et certaines personnes ressortent chamboulées. « Certaines ressortent avec le sourire, d’autres pleurent, sont émues, racontent Bueberry (Myriam Mairey). A Hénin-Beaumont par exemple, on avait des personnes qui avaient du mal à ressortir tant elles étaient bien à l’intérieur. »

 

 

Rendez-vous avec notre adolescent intérieur à la ferme thérapeutique La Cense à Frelinghien.

By | EPSM Lille Métropole

Le mardi 7 septembre 2021, Claire Pouderoux, comédienne, et Alexandra Epée, scénographe et plasticienne, ont investi la grange de la ferme thérapeutique La Cense à  Frelinghien (59). Une dizaine de patients de cet hôpital de jour de l’EPSM Lille-métropole ont assisté à la pièce Présent ?, écrite et interprétée par Claire.

La grange est fraîche en cette belle après-midi de septembre. Une cloison en tôle transparente diffuse une lumière douce et blanche à l’intérieur. Claire Pouderoux se tient debout, grand sourire, appuyée contre une table en bois.  Les spectateurs, patients et personnels soignants prennent place sur les chaises disposées devant eux.

Un escalier en métal bleu mène à une petite mezzanine. Alexandra Epée est assise sur la cinquième marche. Elle observe son amie avec attention. Alexandra est artiste plasticienne, scénographe, et aide Claire à la mise en scène de la pièce.

« Je m’appelle Madison Cottard » déclame Claire. Le monologue commence. Le public est silencieux, attentif. La pièce que joue Claire est son adaptation du roman de Jeanne Benameur, Présent ?. Elle l’a écrite, et en joue un extrait ce jour.

Alexandra l’aide sur la mise en scène, et l’utilisation du papier : « Le travail de papier est presque de l’ordre de la marionnette. Claire voulait travailler sur la notion de déploiement, explique Alexandra. On peut partir d’une toute petite chose, et se dévoiler, comme Madison. »

La pièce raconte le parcours de Madison, une collégienne, pas très douée, qui a redoublé deux fois, mais qui a un talent fou pour le dessin. A travers les yeux de Madison, Claire nous plonge dans nos souvenirs de collégiens et de collégiennes. Madison nous partage ses difficultés, nous parle des adultes qui lui tendent la main, d’autres qui ne la comprennent pas comme cette professeure d’espagnol qui se demande « Quel lycée voudra bien d’elle ? ».

« On aime bien travailler ensemble, explique Alexandra. Avec Plaines Santé, on s’est dit que c’était l’occasion. Ça nous permet de jouer la pièce devant un public, de nous nourrir de leurs retours, avant de jouer la version définitive en février. »

Claire s’arrête au milieu de la pièce. Il faudra attendre la fin du mois pour écouter la suite. Entre temps, les patients pourront assister à deux autres ateliers d’arts plastiques animés par Alexandra. Ensemble, ils dessineront les portraits des personnages de la pièce à partir de ce qu’ils ont imaginé dans leur tête.

« Je me suis reconnue dans le parcours de Madison », admet un des spectateurs. « Moi dans le personnage de David », reconnait un autre. « Oui j’étais pas très forte à l’école, les profs me disaient que j’allais pas avoir mon bac, et finalement je l’ai eu », rétorque la plus jeune des spectatrices. « Même quand on n’est plus des collégiens et des collégiennes, le récit nous parle de rapport à l’échec et à la réussite, rebondit Claire. Comment fait-on quand on ne veut pas répondre à l’injonction de la réussite ? »

A la ferme thérapeutique de Frelinghien, les projets culturels font partie de la philosophie. « Les activités culturelle sont aussi bien pour les soignants que pour les patients, explique Pierre-François Faille, infirmier pour le pôle 59G07 de l’EPSM LILLE Métropole. Quand on propose des projets sur quelques semaines ou quelques mois ça donne un souffle nouveau au groupe. Vivre un moment artistique ensemble, découvrir une activité, accueillir des artistes, c’est horizontal et pertinent. » Pour les artistes, l’expérience est aussi très forte. « Nous sommes assez sensibilisées aux questions du soin et de la santé mentale. Claire a travaillé 5 ans à l’Hôpital d’Amiens où elle faisait des ateliers théâtre avec des adolescents autistes, explique Alexandra. Ça nous semble important de rentrer en dialogue avec ces établissements. »

La séance du jour se termine. Le public repart avec des images plein la tête. La prochaine fois, ce sera à lui de travailler. Les patients peindront les personnages décrits par Claire. Les dessins accompagneront la comédienne sur scène lorsqu’elle viendra jouer la fin de la pièce. Tout un programme !

L’Opéra fait meute au Centre L’Espoir à Hellemmes

By | Centre l'Espoir

Le collectif La Meute a investi deux weekends consécutifs le Centre de rééducation L’Espoir à Hellemmes dans le cadre du dispositif Plaines Santé. Le temps de six après-midis, les artistes ont invité les patients dans l’univers de leur opéra participatif. La pièce intitulée Furieux, s’inspire de l’histoire du dieu grec Dionysos.

Dimanche 5 septembre 2021, les températures sont estivales. Claire, Sarah, Sylvain et Grégoire s’installent à l’entrée du centre Espoir à Hellemmes, à l’ombre d’un arbre. L’atelier ne va pas tarder à commencer et les premiers patients s’installent avec enthousiasme. La plupart ont suivi les ateliers des jours précédents et semblent conquis.

Les artistes discutent entre eux avant le début de l’atelier. « Je dirais que l’on prend un temps pour s’échauffer la voix, après on part sur le chant d’amour et la guerre », propose Sarah Théry, chanteuse lyrique. « C’est bien de commencer par le sound painting, ça fonctionne toujours bien », renchérit Sylvain Rabourdin, violoniste et un des compositeurs de la pièce. « Très bien, échauffement, prénoms et ensuite guerre et chant d’amour », acquiesce Claire Pasquier, la metteuse en scène. Tout le monde est prêt. Les artistes regagnent leurs chaises. Grégoire, l’ingénieur son, s’installe derrière la sono.

« Merci d’être venus aussi nombreux », remercie Claire avant de présenter le projet pour les nouveaux participants : « Comme son nom l’indique, un opéra participatif nécessite des participants. Et bien aujourd’hui, c’est vous ! »

L’ambiance est rieuse et joyeuse. Une quinzaine de patients sont venus au rendez-vous. Sarah entame l’échauffement en invitant le petit groupe à se masser le nez, les pommettes, les tempes … « Allez, il fait chaud, on est bien, on est entre amis et on se masse les tempes ». Tout le monde rit et l’échauffement se poursuit dans la bonne humeur.  Même Sylvain Pistone, le médiateur culturel du centre participe à l’échauffement – tout aussi motivé que ses patients. C’est un peu normal : l’opéra, c’était son idée.

« L’opéra c’est pour tout le monde »

« Mon rôle est de faire le lien entre le monde de la culture et le monde de la santé, explique l’animateur après l’atelier. J’avais très envie de travailler autour de l’opéra, poursuit-il. Depuis que j’ai découvert des mises en scène incroyables à Tourcoing, je suis devenu fan de cet art pourtant pas très populaire. Nous sommes désormais en lien avec L’Atelier Lyrique de Tourcoing pour mener des activités avec les patients. J’ai donc sauté sur l’occasion en découvrant ce que proposait La Meute dans le cadre de Plaines Santé. Travailler la voix me paraît intéressant, surtout avec des personnes aphasiques, cela déclenche une autre forme de communication. »

L’échauffement se poursuit avec le sound painting, un langage gestuel qui permet de créer de véritables « peintures sonores ». Tour à tour, les participants deviennent chefs d’orchestre, et d’un geste, ils commandent un son ensuite entonné par l’ensemble du groupe.

Le chœur est désormais prêt à répéter deux passages de l’opéra : le chant de la guerre et le chant d’amour. La plupart l’ont déjà chanté la veille. « Quel beau chœur » s’exclame Sylvain, le violoniste, à la fin du chant. Pour Claire, la metteuse en scène, les choristes ont fait leurs preuves : « On fait la scène entière de la guerre j’espère que vous êtes prêts ! » Divisés en deux camps, les chanteurs sont prêts. Grégoire lance la musique. C’est parti.

C’est intense. Quelques personnels soignants ont passé leur tête par les fenêtres du centre pour applaudir.  « Bon on va faire la paix avant de se quitter quand même ! », propose Claire. Sylvain sort son violon et entame l’introduction du chant d’amour, le moment où Dionysos tombe amoureux après avoir surmonté tant de souffrances. Les yeux sont rivés sur le musicien. Même les roses du jardin semblent saisies par la beauté du moment. Puis, le chœur entame les répétitifs « J’ai essayé », pendant que Sarah emporte le groupe sous sa voix lyrique.

Benjamin est subjugué, « C’est magnifique » dit-il ému en applaudissant à la fin. « C’est trop fort , je voyais cela à la télé et là on voit ça en vrai ». Cet ancien judoka est hospitalisé depuis quatre semaines pour une opération du genoux. Il a participé à tous les ateliers du collectif : « Je voyais les feuilles en haut de l’arbre qui vibraient quand Sarah s’est mis à chanter ». Les autres rient. « On est parti loin » renchérit Estelle.

« La bonne nouvelle c’est que l’on se revoit la semaine prochaine », lance Claire. « Vous voyez que l’opéra est pour le monde », dit Sylvain Pistone, le médiateur culturel, fier du succès de l’atelier.

Véronique, elle, a découvert « un opéra moderne » qui l’a mis de bonne humeur. Pour Gérard, l’atelier lui a permis de passer un bon moment avec son épouse venue lui rendre visite. « C’est la deuxième fois que je chante dans ma vie, précise-t-il, la première fois c’était lors d’un karaoké au camping ».

« C’est vraiment prenant, confie Jacques, en pleine discussion avec Sarah, la chanteuse. J’ai plutôt une culture rock, et je ne chante jamais ailleurs que dans ma salle de bain, mais là c’était très bien. On est vraiment bien ici, On a l’habitude de faire des choses ensemble, c’est énorme. » Ce que ne contredira pas Véronique, les larmes aux yeux : « Ici, on est tous pareil, on se comprend, on est une vrai famille ».

Une chose est sûre, « y’a un truc qui vibre ici, c’est fort », acquiesce Claire. Et au vu de l’énergie de son médiateur culturel, et des patients, le Centre Espoir à Hellemmes n’est pas prêt de s’arrêter de vibrer.

Les Pinatas enchantent Le FAM de l’Abbaye

By | GAPAS

Six artistes de la compagnie Les Pinatas ont investi les extérieurs du FAM, le Foyer d’Accueil Médicalisé situé à Witternesse, dans le Pas-de-Calais. L’Abbaye a ouvert ses portes le 1er novembre 1980, et accueille 19 résidents, majoritairement déficients visuels. Cette journée est la troisième d’une série d’impromptus dans les différents services du GAPAS, qui regroupent 32 établissements et services sociaux et médico-sociaux au Nord de Paris.

Jeudi 1er juillet. Le soleil a chassé la couche de nuages ​​grisâtres qui recouvraient le ciel depuis le début de la semaine. C’est sous une lumineuse chaleur d’été que les Pinatas présentent leurs performances lues et dansées au Foyer d’Accueil Médicalisé L’Abbaye, implante en pleine nature à Witternesse, dans le Pas de Calais près d’Aire-sur-la- Lys.
Il est bientôt 14h00, et Léa et Pierre-Antoine ajustent les micros sous la serre où il.elles présenteront C’est là, une performance voix-chant-danse. Madeline s’échauffe à l’abri des regards avant de se glisser discrètement sous un drap bleu disposé sur le sol. Le public arrive et s’installe sur les chaises disposées face aux artistes. Inspiration – Expiration. Il respire encore.Le microphone et les enceintes nous renvoient son souffle dans nos oreilles. Expiration – Inspiration. Il respire de plus en plus vite, de plus en fort. Nous respirons avec lui.
Léa entame sa conférence. Le drap bleu disposé sur le sol commence à bouger comme une membrane. Il fait très chaud sous la serre du FAM. Nous sommes reçus.es Le public est silencieux, attentif, à l’écoute. Nous nous étendons, comme hypnotisé.es par le rythme du souffle, la voix de Léa et les mouvements de Madeline sous la membrane bleue.

A la fin de la performance, le public applaudit. « C’était beau », s’exclame Annick au premier sonné. « Merci », répètent plusieurs personnes. Rémi, éducateur, est conquis : « C’est une très belle expérience ! » Nous sortons de la serre, direction le chemin à l’orée du petit bois qui borde le Foyer. Les résidents le savent bien. Ils.elles ont l’habitude de s’y promener. Deux performances s’entremêlent. Sarah, Marine et Léa présentent Survivre à la balade, des textes à partir d’une de leurs éditions. Entre les lectures, Mélody, Madeline et Paul dansent la forêt. Ensemble, nous nous connectons aux arbres et aux oiseaux le temps de faire le tour du parcours.Annick dans le public vers même une arme.
« C’était vraiment top, s’exclame Rémi. Annabelle par exemple, qui parle beaucoup en temps normal, s’est tue et a écouté. Annick a pu se laisser aller à ses émotions. Les aider à se libérer, se lâcher, ça fait partie de notre travail. Eux qui ont plutôt tendance à cacher leurs émotions. La connexion nature-corps leur fait du bien. »
« J’ai beaucoup aimé. Y’avait des émotions dans leurs textes et leurs danses, c’était super », confirme Annick, encore émue, en regagnant la résidence. « Nous avons cette chance et malchance d’être dans un environnement rural où l’accès à la culture n’est pas toujours évident.C’est pour cela que ce genre de dispositif est primordial pour nous ! », ajoute l’éducateur.
Pour les artistes, la satisfaction est partagée. « J’ai trouvé qu’il y avait une grande écoute du public », commente Sarah. « Le fait d’être chez eux ça apporte beaucoup, ajoute Mélody. On marche ensemble, on écoute ensemble. C’était hyper agréable car je sentais qu’ils avaient invité chez eux, à faire ce chemin avec eux. « Pouvoir jouer dans des espaces hors-normes, c’est génial, renchérit Pierre-Antoine. Jouer dans une serre par exemple, c’était une chance ! »

Les performances du jours :

C’est là  (performance) par Madeline Wood, Léa Anaïs Machado et Pierre Antoine Naline.

Survivre à la balade  (conférence) par Sarah Baraka, Marine Foratier et Léa Anaïs Machado 

Corps-Forêt  (danse) par Mélody Blocquel, Quentin Conrate, Paul Emmanuel Chevaley et Madeline Wood.

 

Rendez-vous en septembre pour la suite du programme au GAPAS avec Les Pinatas

Mme Mishoko à la Résidence La Fraternité

By | Centre Hospitalier de Roubaix

Le mardi 09 février, une drôle de visite se tient à la résidence La Fraternité à Roubaix. C’est d’abord en petit groupe, dans la salle d’activités, que les résidents et professionnels font une rencontre haute en couleur.

Ornées de kimonos fleuris et colorés, et de magnifiques éventails, Mme Mishoko et son assistante ne passent pas inaperçues, beaucoup de résidents réagissent :

« Oh comme elles sont belles », « c’est joli, ça change »

Très vite, elles se présentent au public et proposent une séance d’auto massage en musique. Chacun à son rythme et parfois timidement commence son auto massage, d’abord les mains puis le visage et le cou… Certain n’hésite pas à commenter « ah ça fait du bien ! ».

La rencontre se poursuit par des intermèdes de danses traditionnelles japonaises, de chants, de berceuses et de lectures d’haïkus… En l’espace de quelques instants, tout le monde est très vite dépaysé.

Les artistes se rendent ensuite dans l’unité Rubens, à l’étage. Cette fois-ci, c’est dans les couloirs et en chambres que les résidents profitent de ce voyage artistique.

En tête à tête, dans l’intimité des chambres, les résidents se laissent guider et profitent d’un voyage intérieur au gré des chansons et des couleurs. Des sourires et des compliments accompagnent les artistes jusqu’à la fin des impromptus. C’est le cœur léger qu’elles quittent ensuite la résidence.

“Un espace de nouveaux POSSIBLES”

By | Centre Hospitalier Isarien EPSM de l'Oise | No Comments

POSSIBLES par RIOT

Création musicale interactive croisant expression corporelle et musique, conçue et proposée par Sandra Nkaké et Jî Drû  : les deux musiciens évoluent en sons et en espace pour susciter chez le spectateur confiance en soi et expressivité. Les artistes explorent en musique les possibles des corps et des voix dans un lieu: du grave à l’aigu, du ténu au plus fort, du doigt qui bouge au corps entier qui danse, ils créent des « boucles sonores » et interprètent des chansons selon une chorégraphie en question-réponse, tournés l’un vers l’autre. Le temps de l’impromptu ils créent une symphonie musicale et dansée, invitant par le jeu, le mime et la répétition, ceux qui le souhaitent à les rejoindre dans ce tourbillon communicatif, à se faire confiance, à prendre du plaisir, se redécouvrir, chanter et se mettre en mouvement. Il s’agit de créer du lien autant que de redonner confiance. Ce dispositif est pensé comme un moment d’échanges et de libre expression où chaque participant pourra

Investir l’espace, se mouvoir, se regarder et s’envisager comme il le ressent. Le duo devient un ensemble fait des gestes et de sons composés par toutes les Personnes participantes, laissant la place à l’inattendu, à la surprise de ce que chacun est capable de vivre pour soi et avec les autres. Cet endroit de leur quotidien de patient et de soignant devient un espace de nouveaux Possibles.